Dix jours sans écrans, Sophie Rigal-Goulard

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Résumé :

« Ce matin, la maîtresse nous a proposé de relever un défi. Passer dix jours entiers sans écrans ! Pas de télé, pas de console, d’ordinateur, de tablette ou de téléphone emprunté à nos parents… J’ai éclaté de rire. C’est impossible, bien sûr. » (Editions Rageot, 2015)

Mon avis :

Des élèves de CM2, une maîtresse et un défi : ça ne fait pas forcément bon ménage ! Comment ces élèves vont-ils pouvoir résister à tous les écrans qui les entourent ? Si certains organisent leur rébellion, d’autres trouvent cette idée super chouette. Et après un vote, la majorité l’emporte… La classe devra relever le défi. Il s’agit d’un texte tout en simplicité doté d’humour et de surprise que sauront apprécier les enfants. J’ai particulièrement apprécié cette lecture car elle aborde un thème de société qui peut mener au débat sans pour autant condamner les nouvelles technologies avec autoritarisme. On parvient aussi aisément à suivre les réflexions des élèves et leur cheminement face à l’idée d’un tel défi. C’est sans aucun doute un roman qui séduira les enfants par une identification possible à chacun des personnages : penchera-t-il davantage pour Paloma (la chouchoute qui n’utilise pas les écrans) ou pour la fine équipe rebelle ? Peut-être finiront-ils par vous proposer de relever ce même défi en famille ou en classe… Alors, prêts ?!

Les petits + de la doc : 

10 jours sans écrans s’adresse aux enfants de 6 à 11 ans. La lecture est assez aisée, avec un vocabulaire plutôt simple et une police d’écriture adaptée. Il se lira assez rapidement. Chers collègues, si vous pratiquez le débat philosophique c’est l’occasion d’aborder les jeux vidéos ou les écrans. Ils auront à coup sûr leur idée sur la question. Cette lecture peut aussi amener à imaginer la suite de l’histoire : que va-t-il se passer pour chacun de ces enfants une fois le défi lancé ? Vont-ils parvenir à se passer des écrans pendant 10 jours ? Ou alors décrire une soirée à la maison sans aucun écran. Ce roman me paraît bien riche pour exploiter avec des élèves de cycle 2 ou de cycle 3.

A savoir :

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Ma note :  17/20

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Peine maximale, Anne Vantal

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Résumé :

« Vingt ans de prison pour Kolia ! Son frère pourrait-il être condamné si lourdement ? Anna refuse d’y croire. Le jury n’obéira pas aux réquisitions. Mais s’il le fait ? Si, par paresse ou par conviction, les jurés envoient Kolia pour vingt ans en cellule ? Il aura quarante-cinq ans à sa sortie : Anna sent que la tête lui tourne. » Trois jours au coeur d’un procès. Deux accusés, frère et soeur, et la petite dernière, libre, mais dont le sort va être également scellé. Trois jours seulement -où l’on retient son souffle- pour se forger une intime conviction.  (Actes Sud Junior, 2010).

Mon avis :

Résultat de mon vagabondage à la bibliothèque municipale, ce livre est une vraie surprise pour moi. Jamais d’écho, jamais d’avis sur lui, pourtant il le mérite amplement ce qui justifie mon article d’aujourd’hui. Vous avez envie d’un roman qui vous projette dans une scène plus que réaliste ? Alors il est fait pour vous ! De la description bien dosée, des sentiments bien analysés, des personnalités bien travaillées font de ce roman une histoire que vous ne pourrez plus lâcher avant de connaître le verdict final. 300 pages pour raconter trois jours de procès, je m’attendais déjà à des longueurs, des détails à n’en plus finir… Et bien il n’en est rien ! Les chapitres courts, les alternances de point de vue entre les jurés, les avocats, les accusés, les témoins, les spectateurs, les victimes… De quoi vous tenir en haleine mais pas seulement… Vous aussi, vous vous placerez dans la peau d’un juré et vous tenterez de démeler cette histoire pour laquelle les indices vous sont révélés au fur et à mesure de votre lecture. Alors serez-vous plutôt une Simone qui rêve d’être en voyage plutôt qu’ici, un Jean-Pierre qui penche plutôt pour la clémence ou un Denis souhaitant voter de manière à sortir le plus vite possible de là ? Qu’envisagerez-vous pour l’avenir de Kolia ? 5, 10, 15, 20 ans de prison ? Votre intime conviction sera-t-elle la même que celle des jurés ? Aurez-vous pitié des victimes pour qui la vie semble détruite ? Ou plutôt de cette petite Anna qui risque de se retrouver seule sans son frère et sa soeur ?

Croyez-moi, vous ne resterez pas passifs face à ces trois jours de procès si bien narrés.

Les petits + de la doc : 

Peine maximale convient pour des élèves à partir de la 3ème. Chers collègues, si vous souhaitez aborder la notion de justice, le fonctionnement de la justice française, ce roman peut en être une très bonne introduction. Il est aussi possible d’exploiter cette lecture pour travailler le personnage dans sa dimension psychologique notamment. Pourquoi ne pas compléter des cartes d’identité pour chacun des participants au procès tout au long de sa lecture. C’est également l’occasion pour les élèves de casser les stéréotypes de jugement proposés par les séries américaines comme le mentionne le narrateur plusieurs fois dans le livre.

A savoir :

 A obtenu : Prix Gayant Lecture 2012

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Ma note :  19/20

Harcèlement, Guy Jimenes

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Résumé :

Valentin est seul.
Seul dans un collège où aucun professeur, aucun éducateur ne s’est aperçu de sa souffrance.
Seul dans une classe où tous les élèves savent, mais ne disent rien.
Seul face à la violence sournoise de celui qui aurait pu être un ami…
Comment se défendre alors, quand on a perdu tout espoir, comment s’en sortir quand on a perdu le goût de vivre? (Editions Oskar 2011)

Mon avis :

C’est une expérience particulière que je vous livre aujourd’hui. Ce roman, avec un titre plus que révélateur, nous plonge dans une ambiance qui ne laissera de marbre aucun lecteur. En effet, on est plongé dans la rentrée de Valentin, un adolescent passionné de musique et surtout de blues, et ses nouvelles rencontres avec des élèves du collège. Au début, Valentin est très enthousiaste et raconte à ses parents ses premiers jours de cours. Chaque chapitre offre simultanément la version d’élèves, des professeurs, et de Valentin. C’est en constatant le gros écart entre ces versions que ce roman nous fait entrer dans un moment de malaise, un peu gênant. Celui où, grâce au titre et aux autres versions, la rentrée de Valentin n’est pas aussi banale qu’il le croit. Et c’est en lisant ses élans d’enthousiasme alors que l’on SAIT pertinemment qu’il se trompe, que ce roman nous met mal à l’aise. Nous, lecteurs, avons compris ce qu’il se passe, mais Valentin non. C’est pourquoi les débuts ont été difficile pour moi. J’ai eu du mal à faire la part des choses, et je trouvais ce quiproquo très gênant car j’avais de la peine pour Valentin qui se berçait d’illusions. Mais on se rend compte au fil de la lecture que Valentin, malgré ce qu’il subit, est d’une force incroyable. Et on termine cette histoire tellement soulagée qu’elle nous laisse une trace indélébile et agréable dans nos esprits. C’est donc un avis très positif que je donne aujourd’hui sur ce roman. C’est intéressant d’aborder le harcèlement à travers le regard de la victime mais aussi des bourreaux, des spectateurs, des professeurs, du chef d’établissement en les écoutant se confier à une psychologue dont on ne connait pas l’identité et dont on ne connait pas la raison de sa venue dans l’établissement. Le sujet est très bien traité et explique en quoi le bourreaux n’est pas seulement celui qui donne les coup, et que la victime n’est pas seulement celle qui les reçoit. En un mot, un roman à remettre entre toutes les mains.

Les petits + de la doc : 

Harcèlement convient dès le cycle 3 (10ans). Même si certains faits sont violents ou d’une grande injustice, la leçon qui en découle peut être comprise par de jeunes lecteurs. Chers collègues, n’hésitez plus à proposer ce roman. Ne pas hésiter à étudier en lien avec l’EMC évidemment pour lutter contre la violence à l’école et sensibiliser les élèves à la tolérance et l’entraide.

A savoir :

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Ma note :  17/20

Chacun voit Mehdi à sa porte, Jean-Hugues Oppel

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Résumé :

Mais où est passé Mehdi ? Simon cherche son fils dans les allées du camping Les Cigales. Un vacancier a vu le garçon sur le terrain de pétanque, un autre devant le marchand de glaces, un autre encore près des balançoires… Mehdi semble être partout et nulle part. (Editions Syros 2013)

Mon avis :

Ce « mini polar » de l’édition Syros propose une histoire qui sert à vaincre certains stéréotypes, et notamment celui que subissent certaines populations quant à leur origine ou couleur de peau. En effet, Simon cherche son fils, on va suivre l’enquête de sa disparition tout au long de ce petit roman très court. Il pose donc des questions à toutes les personnes qu’il croise. Mais on comprend vite que la question posée, n’étant pas « Je cherche Paul », ou « Je cherche Mathieu », mais bel et bien « Je cherche Mehdi », influence la réponse des passants… Oui, car c’est bel et bien le prénom de son fils, mais qu’il demande si quelqu’un a vu Mehdi, Mohammed ou encore Rachid ne change rien au cours des choses, et chaque personne ayant vu (ou cru voir!) son fils Mehdi, va le guider dans un chemin inattendu, avec une belle morale qui consiste à briser les stéréotypes que subissent certaines populations, s’apparentant malheureusement à du racisme… A chaque fois que Simon se rend à l’endroit où on lui a indiqué avoir vu Mehdi, il n’y est pas. Le docteur Boubacar va le mettre sur la bonne piste en lui faisant comprendre que les personnes interrogées n’ont peut être pas vu Mehdi, mais bel est bien l’image qu’ils se font de Mehdi. On est plus dans le suspense que dans le véritable polar, mais très bien écrit pour les élèves.

Les petits + de la doc : 

Chacun voit Mehdi à sa porte convient dès le cycle 2 et jusqu’au collège. Même s’il y a une grande dimension d’implicite qui fait se questionner les plus grands sur le racisme, ce roman est très agréable à lire et le suspense et le format nous font dévorer ce livre d’une traite, même pour les plus jeunes. Chers collègues, n’hésitez plus à proposer ce roman. Il est très court donc facile à lire pour les élèves et exploitable en lien avec l’EMC sur la tolérance.

A savoir :

  • Fiche de lecture proposée par Syros.
  • Lecture audio du livre en 3 niveaux de difficulté : ici.
  • Tout petit prix (moins de 5€)
  • Des idées d’activités pédagogiques pour éduquer contre le racisme, proposées par le Canopé.

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Ma note :  17/20

La fille de mes rêves, C. Lambert & S. VanSteen

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Résumé :

Real Dream est un espace virtuel de rencontres auquel on accède par le rêve, grâce à un avatar modelé à votre image. Lycéen le jour, Kamel Touzani est gardien de nuit dans l’entreprise qui commercialise Real Dream. Le jeune homme n’a rien d’un Apollon, mais il compte bien profiter de la Dreambox qui lui a été offerte… Il ne tarde pas à sympathiser avec Marc Herpoux, un séduisant cadre quadragénaire et, par jeu, tous deux échangent leurs avatars. C’est donc sous les traits avantageux de Marc que Kamel va approcher Lara Rastelli, la sublime remplaçante de sa prof de français. Et ça marche ! Mais l’euphorie est de courte durée car un bug mortel hante Real Dream. Et lorsque la mort vient frapper dans la réalité, le scénario romantique imaginé par Kamel vire franchement au cauchemar. (Editions Syros 2011)

Mon avis :

Comment ne pas être absolument subjugué par cette idée géniale de Dreambox ? Vous imaginez-vous, le soir , avant de vous endormir, paramétrer votre Dreambox pour qu’elle se connecte à votre cerveau pendant votre sommeil, et choisir le rêve que vous allez faire ? En plus de pouvoir faire des rêves complètement hors du commun (sports de l’extrême, plage paradisiaque, voyage sur Mars…) vous pouvez aussi faire le choix de vous connecter à l’avatar d’une personne et passer votre rêve avec elle, si elle est d’accord ? Voici comment une société Real Dream, qui a changé le quotidien du monde entier en proposant, devient multimilliardaire avec cette idée hallucinante. Mais une telle popularité amène à des dérives… Même si le forfait de la Dreambox est très cher, tout le monde souhaite faire ces rêves fantastiques, et certain basculent dans la dérive : viols virtuels notamment. Une équipe va donc devoir surveiller les rêves en permanence pour éviter ce genre de problème. Quand un jeune ado, Kamel, d’origine arabe, qui travaille la nuit pour aider sa mère, décroche un job au sein de l’entreprise Real Dream comme gardien de nuit, il voit là un bon moyen de draguer sa jeune prof de français qui lui plait particulièrement. Grâce à son poste, il a pu obtenir un vieux modèle de Dreambox mais malheureusement, les avatars des utilisateurs sont à leur image (il faut passer un scanner pour que se génère l’avatar, ainsi pas moyen de se faire passer pour un autre!). C’est alors qu’il se lie d’amitié avec un autre employé de Real Dream, et lui propose d’échanger leur clé USB correspondant à leur avatar, pour changer de peau le temps d’un rêve. Marc Herpoux, un beau brun quadragénaire, devrait être le modèle parfait pour plaire à sa belle enseignante ! Mais l’entreprise connait un énorme beug, qui met certains utilisateurs en état de somnambulisme profond, provoque de gros accidents, et la mort. Quand celle-ci touchera Marc Herpoux, Kamel, ignorant sa mort, qui utilise toujours sa clé USB, va se mettre, à ses dépends, dans un engrenage sans fin… L’idée est remarquable !! J’ai adoré ! Quelle intrigue intéressante ! Et les personnages sont tous aussi attachants les uns que les autres. On découvre une chef d’entreprise surmenée qui veut faire tourner sa boîte qui devient un succès planétaire, un jeune ado un peu trop typé pour séduire les filles et en mal d’amour, une geek gothique remarquablement intelligente, ou encore des bourreaux de travail qui donneraient corps et âme pour leur bijou virtuel… Un cocktail détonnant pour une superbe lecture !

Les petits + de la doc : 

La fille de mes rêves convient dès le collège. Ce roman est non seulement drôle, mais plein d’aventure, de rebondissement, mais aussi d’amour. En plus, il donne une bonne leçon sur les dangers du monde virtuel, qui, même s’il n’appartient pas à la réalité, a de grosses répercussions sur le monde réel. Chers collègues, proposez ce roman à vos jeunes lecteurs. Non seulement l’idée est géniale, mais même s’il se veut plutôt divertissant que moralisateur, on comprend le fil rouge d’une menace qu’implique le virtuel (les dangers des personnes qui se cachent derrière un avatar, les dérives de certains hackers qui peuvent déjouer tous les systèmes de sécurité, la méconnaissance des utilisateurs qui se croient à l’abri dans un monde virtuel…). Ce roman pourrait être un roman d’anticipation, nous laissant deviner comment pourraient se faire les rencontres et les relations à l’avenir. A lier avec l’EMC (Education morale et civique) pour avoir un bon comportement sur Internet et pour éviter les dangers du net.

A savoir :

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Ma note :  18/20

Nuit blanche au lycée, Fabien Clavel

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Résumé :

Je m’appelle Lana, Lana Blum.
D’accord, je ne suis pas un ange mais ce n’est pas une raison pour me coller le samedi après-midi au lycée ! Le proviseur, lui, a trouvé que si.
Ce n’est pas grave, car Jérémie avec qui je vais passer un week-end en amoureux m’a rejointe.
Nous avons échangé un baiser fougueux avant d’entendre un bruit bizarre. Dans le couloir il y avait un type en treillis, une arme de gros calibre à la main… (Edition Rageot 2013)

Mon avis :

Une ado rebelle bloquée au lycée un samedi après-midi à devoir décoller les chewing-gum des tables de la permanence, voici le programme de Lana. Mais elle compte bien passer un super week-end avec son petit-ami qui la rejoint pour l’aider et ne pas louper leur concert le soir même. Mais leur destin va croiser celui d’un groupe de militaires appartenant à une boîte privée de sécurité ressemblant plutôt à des terroristes, bien décidé à laisser une trace de leur passage dans le lycée… Un suspens haletant qui fait terriblement écho aux événements qui se sont passés à Paris cette année. On découvre l’organisation sans faille de ce groupe terroriste au plan millimétré, qui n’avait cependant pas prévu que des élèves se trouveraient dans l’établissement à ce moment là. Lana et son petit-copain Jérémie ne sont pourtant pas les seuls otages que les terroristes vont devoir maîtriser : la concierge, l’homme de ménage, le proviseur, un autre élève collé et un prof de sport…sont autant de personnes qu’il faudra tenir écartées de leur plan. Nous sommes plongés dans l’ambiance angoissante d’une prise d’otage avec coups et insultes… Mais c’est sans compter sur le courage sans faille de Lana qui doit subir les coups d’un des membres qui lui en veut personnellement à cause de sa couleur de peau légèrement mate, mais qui ne se laissera pas faire et tentera tout pour avertir la police. Impossible de lâcher ce roman avant d’en connaître le dénouement. J’ai du le lire d’une traite une bonne partie de la nuit avant de pouvoir tourner la dernière page. Mais sans regret. Lana va-t-elle parvenir à s’enfuir du lycée ? Vous le découvrirez en lisant ce roman.

Les petits + de la doc : 

Nuit blanche au lycée est à lire à partir de 13 ans. Certaines paroles des terroristes sont violentes mais nous donne un aperçu de comment peut-être attisé la haine envers les musulmans. En effet, ce groupe terroriste est en réalité un groupe néo nazis (on le sait très tôt dans le roman), qui va faire passer leur attentat pour un acte réalisé par des musulmans en inscrivant des mots en arabe sur les murs. Chers collègues, ce roman est absolument chronophage. Il m’a été impossible de le lâcher avant de l’avoir terminé. Un thème d’actualité qui fait réfléchir. Et une belle histoire d’amour d’adolescents que des événements tragiques ont rapproché. A lire !

A savoir :

  • Le premier roman : Décollage immédiat (mai 2012), propose d’autres aventures de Lana Blum, mais il est possible de lire Nuit blanche au lycée sans avoir lu le premier tome. Quelques références sont citées mais rien qui soit nécessaire à la compréhension de l’intrigue.
  • Guide Vigilance attentat : les bons réflexes, proposé par l’éducation nationale.

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Ma note :  19/20

Max, Sarah Cohen-Scali

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Résumé :

« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler! »

Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich. (Scripto 2012)

Mon avis :

C’est avec tristesse et amertume que je quitte Max et son histoire abominable. Je savais que j’allais être confrontée à quelque chose d’horrible, mais je ne pensais pas éprouver une telle affection pour un être si cruel, enfin qui est censé le devenir ! Car en effet, ce programme qui consiste à créer de toute pièce des Aryens « parfaits », a bel et bien existé. C’est là aussi l’énorme point positif de ce roman, c’est qu’il nous raconte quelque chose de réel, d’invraisemblable, avec des mots crus, des scènes barbares, mais qui se sont passées. Il dépeint l’Histoire, telle qu’elle s’est réalisée, avec des personnages qui ont existé, sans rien changer à cette période de guerre, en la relatant telle qu’elle s’est déroulée, aussi injuste que triste. Max, un enfant façonné dans un « moule à Aryen » dès sa naissance, doit apprendre à se battre, à haïr les juifs, à aimer la violence, à penser nazi, à vivre nazi, à être un nazi. Selon lui, il n’a qu’une mère, l’Allemagne, et qu’un père, le Führer ! A part que le cœur qui bat dans la poitrine de ce petit garçon est vivant et non robotisé, que sa tête bien faite (même si ses yeux sont bleus et ses cheveux blonds) est une tête qui pense, et que son corps, qui se veut si fort et robuste, souffre de douleurs quand survient l’abandon… Tant de sentiments contradictoires à ceux d’un nazi intraitable. Comment Max, l’avenir de la patrie allemande, va-t-il faire pour tenir son rôle de premier bébé créé par les nazis dans un lebensborn ? Même si nous connaissons l’issue de cette 2nde Guerre Mondiale, comment ce programme va-t-il évoluer après la défaite des allemands ? Que deviendront ces milliers de bébés ? Même si des questions restent aujourd’hui sans réponse, c’est avec Max que nous pouvons lever le voile sur tout un tas de points noirs de l’Histoire, mis à la lumière du jour grâce à l’incroyable Sarah Cohen-Scali qui a su dépeindre, de manière touchante, des faits d’une cruauté imparable. Il se veut à la fois touchant et choquant. Un cocktail détonnant impossible à lâcher.

Les petits + de la doc : 

Max est un roman assez dur, qui pourrait choquer les plus jeunes. A ne conseiller qu’à partir de la 4ème à mon sens car il comporte des scènes de viols ou d’assassinat choquantes. Chers collègues, ce roman est absolument génial et reflète avec force et exactitude les barbaries des nazis lors de la seconde Guerre Mondiale. Même si les faits relatés sont d’une violence extrême et que le comportement nazi fut un des épisodes les plus déplorables de l’Histoire ; le fait que ce soit un enfant nazi qui raconte donne une ambiance d’objectivité de l’auteur, qui donne à voir un peuple plus aveuglé par un régent charismatique plutôt qu’animé par la cruauté. A lire, à conseiller, à étudier, pour illustrer cette Guerre, les génocides et la xénophobie.

A savoir :

 A obtenu : Prix des Dévoreurs de livres 2014, pour les collégiens de 3ème ; Prix Passages 2014 ; Prix Tatoulu Noir 2014 ; Prix Sorcières 2013, catégorie Romans Ado ; Prix jeunesse des libraires du Québec, 2013.

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Ma note :  20/20

La vie à reculons, Gudule

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Résumé :

Thomas a quinze ans. À la suite d’une transfusion sanguine, il est devenu séropositif. Pour lui aucune différence : il veut vivre comme tout le monde, sans le mépris et surtout sans la pitié des autres. Ses parents ont d’ailleurs fait promettre le secret au proviseur de son collège. Mais quand Thomas tombe amoureux d’Elsa, la mécanique de la peur et de l’ignorance se met en marche. (Editions Le livre de Poche 1994)

Mon avis :

Voici un roman touchant et agréable à lire avec un thème pourtant difficile à aborder avec légèreté. Une amourette d’adolescents avec des traits d’amour impossible, quoi de plus alléchant ! Sauf que là, le terrible responsable est le SIDA. J’ai particulièrement apprécié ce roman parce qu’il donne aux adolescents une vision moins tragique de la séropositivité et qu’il reste tout à fait possible de vivre avec, et de vivre heureux. A travers l’injustice et la trahison, Thomas, le jeune séropositif, montre au monde que le traiter comme un être fragile ne fait qu’aggraver les choses. Le lourd fardeau qui lui pèse sous les épaules ne fait que s’accroître quand les autres le rejettent. Il est lui aussi victime de cette maladie, qui a surgit en lui lors d’une transfusion sanguine après un grave accident. Ce roman permet cependant d’appréhender la maladie à travers les yeux du malade et d’en connaître les moyens de transmission. Ainsi, les élèves apprendront que les séropositifs ne sont pas contagieux au toucher mais que ce virus ne se transmet qu’avec le sang ou le sperme. Il chasse aussi les préjugés sur les sidéens qui sont, aux yeux de la majorité, soit homosexuels soit drogués. Une belle histoire d’amour mais surtout une belle leçon de courage pour ce jeune homme qui, en plus de se battre contre cette terrible maladie, doit se battre contre les préjugés et la peur pour vivre pleinement son amour, en prouvant qu’il est comme tout le monde, même s’il prend des chemins houleux. Une belle leçon de tolérance.

Les petits + de la doc : 

Une vie à reculons convient dès le collège. Les élèves apprécieront le côté fleur bleu et léger de l’histoire d’amour de Thomas et Elsa, tout en s’informant sur une maladie peu connue par les élèves, car peu rencontrée. Ils pourront connaître les moyens de transmission du VIH en oubliant leurs préjugés. Chers collègues, n’hésitez pas à proposer ce roman en lecture cursive. Il peut amener des débats sur la maladie évidemment, mais aussi sur les stéréotypes ou préjugés qui font la vie dure aux principaux intéressés. A relier donc avec l’Education à la Santé. Si vous ne l’avez pas au CDI, c’est le moment de l’acquérir car il plait aux élèves car n’aborde pas la maladie du côté scientifique et biologique mais plutôt avec ses impacts moraux dû au rejet de l’entourage et surtout aux difficultés rencontrées en amour. C’est surtout un livre sur la tolérance et l’acceptation de l’autre malgré ses différences.

A savoir :

 A obtenu : Prix des collègiens de la ville de Vannes 1996, Prix Martinique du livre jeunesse 1996, Prix du livre ado de la ville de Rennes 1996, Prix du livre de jeunesse de la ville de Redon 1996, Prix Ruralivre du Pas-de-Calais 1996, Prix du jury Lumière de Besançon 1996, Prix Coup de Coeur de la ville de Bruxelles 1998.

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Ma note :  17/20

Complice(s), Eireann Corrigan

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Résumé :

Leur plan : simuler un enlèvement. Leur but : faire parler d’elles. Chloé et Finn en sont convaincues : être intelligente, jolie et sportive ne suffit pas. Pour avancer dans la vie, il faut devenir quelqu’un. Quel que soit le moyen, et à n’importe quel prix. Leur plan est parfait. (Editions Milan 2015)

Mon avis :

Avec ce résumé alléchant, comment résister à l’envie de découvrir cette intrigue déjantée ? En effet, ces deux jeunes adolescentes vivant dans une campagne perdue ont eu l’idée folle de simuler un kidnapping. L’une d’elle doit disparaître, ou du moins ce que tout le monde devra croire, car elle sera tout compte fait cachée dans une cave avec tout ce qu’il faut pour vivre, et même la télé, pour suivre en direct l’avancée des recherches ! Car oui, c’est bien ce que souhaitent ces deux jeunes filles, passer à la télé, devenir célèbres, car leur plan a été pensé à la seconde près. Mais ont-elles réellement envisagé toutes les possibilités ? Avaient-elles envisagé qu’un de leurs amis se ferait arrêter ? Devront-elles finir par tout avouer ? En tireront-elles une leçon ? Ce sont toutes les questions auxquelles la fin répond parfaitement ! Donc si vous avez envie de découvrir si ce stratagème est infaillible, il ne vous reste plus qu’à vous laisser tenter par ce roman ! L’idée est géniale et j’ai été tenue en haleine durant tout le roman. Voir Chloé jubiler de sa cave, à chaque fois que son nom est mentionné dans les médias, et Finn, celle qui est restée avec la famille effondrée, intervenant sans hésitation devant les médias, la larme à l’œil…nous fait réfléchir sur le vice et ce à quoi ces adolescentes sont capables pour devenir célèbres.

Les petits + de la doc : 

Complice(s) convient dès le collège. Il peut plaire aux adolescents car la morale n’est que sous-entendue. Ce n’est pas un roman qui dit « Voyez comme c’est stupide de faire ça », mais il reste objectif car c’est la vision des adolescentes et elles seules pendant tout le roman. Même si ce plan machiavélique est horrible, la fin convient parfaitement pour permettre aux adolescents d’avoir un avis critique vis à vis de leur pratique. Finn contribue à cette prise de conscience grâce à tous les ressentis qui la traversent tout au long du roman, quand elle se sent prise au piège dans cet engrenage. Chers collègues, n’hésitez pas à proposer ce roman en lecture cursive. Il peut amener un bon nombre de débats argumentés sur la célébrité, le star-système, mais aussi l’intrusion et le forcing des médias dans la vie privée, ou encore les rouages des documentaires ou interview, avec les clés pour faire de l’audience et plaire au public, mais surtout le manipuler. A relier donc avec l’Education aux médias et à l’information (EMI) mais aussi avec l’Education à la Citoyenneté en ce qui concerne ces comportements pervers mais surtout dangereux de ces deux adolescentes.

A savoir :

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Ma note :  16/20

Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous, Nathalie Stragier

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Résumé :

Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous…
…Parce que pour elle, votre monde ressemble au Moyen Age.

…Parce qu’elle sera envahissante, agaçante, imprévisible.

…Mais surtout, parce qu’elle détient
un secret terrible. Et c’est à vous qu’elle va le confier. (Editions Syros 2016)

Mon avis :

Un bon moment de plaisir à la lecture de cette comédie surprenante ! Je me suis lancée dans cette lecture avec quelques a priori quant au thème : une fille qui revient du futur, ouais, est-ce que je vais réussir à me prendre au jeu ? Et bien finalement, on s’attache tellement aux deux adolescentes et à leur quotidien pour « brouiller les pistes », qu’on en oublierait presque que c’est invraisemblable (enfin, je crois?). Andréa qui mène une existence paisible avec des envies de voyages et d’indépendance, face à Pénélope, une adolescente décalée qui amène tous les regards sur elle ; un beau duo pour des aventures surprenantes ! Les deux points de vue des adolescentes (une née en 2171 et l’autre vivant en 2019) est un bon moyen d’établir avec humour une critique de certains points négatifs de notre société actuelle, et surtout l’absurdité des résolutions prises dans le futur, mêlant utopie et contre-utopie avec finesse. Ce qui est génial dans cette histoire, c’est qu’elle se passe en 2019 (déjà le futur donc pour nous), et qu’une élève du futur (de 2187 cette fois), s’y rend pour une épreuve du bac ; donc en plus d’expliquer comment la Terre se porte au XXIIème siècle, on apprend des événements qui se sont passés entre 2016 et 2019, enfin qui vont se passer, puisque l’époque de narration est en 2019 qui aura été une année déterminante dans l’Histoire du monde entier (tout le monde me suit bien, évidemment!). C’était, j’imagine, une difficulté en plus pour Nathalie Stragier de ne pas s’embrouiller dans toutes ces époques… On peut quand même dire que ce roman se divise en deux parties clairement distinctes : avec une première partie plus rigolote, et une seconde partie plus angoissante ! Mais l’auteur a vraiment trouvé de superbes anecdotes pour justifier ce jeu avec le présent et le futur et j’ai adoré les clins d’œil à notre histoire que l’on connaît si bien et avec laquelle elle s’est amusé tout au long du roman ! En bref, un roman que je conseille, avec de l’humour, de l’amour comme il faut, du suspens et de la folie féministe à outrance, un régal !!

Les petits + de la doc : 

Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous convient dès le collège. Et si vous aimez l’Histoire (avec un grand H), vous allez adorer l’habileté avec laquelle l’auteur l’a détournée, et surtout l’incroyable vraisemblance des faits imaginés (oui, j’ai envie de croire aux voyages dans le temps!). Chers collègues, n’hésitez plus à le proposer en rayons, certains petits lecteurs vous surprendront à lire ce gros pavé passionnant, amusant et original ! Un superbe roman d’anticipation !

A savoir :

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Ma note :  16/20